Partie 2 Axe 2 : Numérique, cognition, apprentissages et représentations psychosociales

2.1 Le rôle du prof. dans les dispositifs numériques : une vision diachronique

François MANGENOT, LIDILEM EA609, Université Grenobles-Alpes

Depuis l’apparition des premiers logiciels d’enseignement assisté par ordinateur (EAO) s’est posée la question du rôle du prof. Dès 1980, Taylor avait théorisé le rôle de l’ordinateur dans la pédagogie (évidemment lié au rôle de l’enseignant) : ordinateur tuteur, ordinateur outil ou ordinateur « enseigné » (tutee). Dans le premier cas, la machine était censée se substituer à l’enseignant, dans le second elle devait l’aider à concevoir et à mener des activités, dans le troisième, c’était l’enfant qui était censé programmer l’ordinateur et non l’inverse (Papert, 1981). Dans tous les cas, un certain nombre de pédagogues ont estimé que c’était l’intégration du logiciel dans un scénario pédagogique qui était le plus important (Bourguignon, 2004). Puis est arrivé le web, avec la richesse de ses contenus et de ses outils de communication, qui ne rentrait bien dans aucune de ces trois catégories. Mangenot (1998) a proposé une classification des apports d’Internet à l’apprentissage des langues, prédisant que ce seraient les outils de communication à distance qui permettraient les scénarios pédagogiques les plus probants : les nombreuses pratiques de télécollaboration, très répandues en langues, sont venues appuyer ce point de vue. Enfin, le phénomène MOOC, que l’on peut considérer comme apparenté au Web social, a encore fait bouger les lignes en proposant à la fois des contenus vidéo réalisés par des spécialistes et des formes d’accompagnement par les pairs : les MOOC se sont multiplié, mais on sait peu de chose sur leur efficacité pour apprendre. Une tendance semble se faire jour, qui nous ramènerait à la première phase : l’idée, nullement prouvée, que les MOOC permettent de pratiquer la classe inversée revient à poser la question de leur intégration (en tant que SPOC, notamment) dans des dispositifs hybrides animés par les enseignants ; et c’est le degré d’intégration entre ce qui se fait à la maison et ce qui se fait en classe qui est probablement le principal garant d’une certaine efficacité pédagogique (Nissen, 2019). Le rôle du prof utilisant le numérique serait donc essentiellement celui d’un ingénieur des apprentissages, construisant des scénarios pédagogiques favorisant l’autonomie des apprenants, vieille idée datant des années 1980 (Holec, Barbot, etc.) et qui semble aujourd’hui remise au goût du jour.

2.2 MOOC : lorsque le Maître se met en scène

2.3 L’intégration, l’usage et l’apport de la compétence technologique dans l’enseignement-apprentissage des élèves du primaire : quels jalons et quels enjeux

2.4 Enquête sur la littératie numérique des étudiants chinois pour l’apprentissage du français

2.5 Des doctorant-e-s SHS face à l’innovation numérique : enjeux techniques, politique, pédagogiques.

2.6 La confiance et son impact dans le domaine du numérique